Cinq Animateurs pour un plateau - 2 la Menuiserie

, par  l’Outil en Main de Troyes , popularité : 10%

la Menuiserie

Ces morceaux de bois tous carrés, ne ressemblent pas vraiment à ceux du plateau.

Alors là, il y en a des mots. J’vous dis pas : établissement, tracé au trusquin, assemblage, arasements d’onglets, montage à blanc, moulures, réalisation, cadrage, second cadre, chantournement, pose du fond, ponçage, réception ! Heureusement que Mrs MERAT et VIOLETTE nous expliquent avec beaucoup de patience. Ça les amuse beaucoup de nous voir si épatés.

Pour établir : après avoir bien repéré la forme de chaque morceau, on marque un signe conventionnel sur tous les pièces de bois, en tenant compte de la place que chacun prendra dans l’ouvrage.

Pour tracer : on retourne au plan. Mais où est donc représenté ce morceau ? Quelle mesure a-t-il ? Attention, nous dit-on, le tracé est très important, de lui dépend la réussite. On relève les côtes et on les reporte sur les morceaux de bois correspondants. Selon le besoin, on utilise un crayon bien taillé, une équerre à 45°, et le fameux trusquin pour tracer des traits parallèles.

Pour assembler : on doit prendre la scie à refendre, dont les dents sont penchées toujours vers l’avant ! On me dit qu’elle a de la voie, mais c’est pas une scie musicale, je n’entends rien. En fait la voie, c’est quand les dents sont écartées alternativement à droite et à gauche vers l’extérieur pour que le trait de scie soit plus large que l’épaisseur de la lame et pour faciliter son passage. Attention de bien scier juste le long du trait du côté, ou le bois va partir. La scie doit descendre toute seule, sans appuyer : ce n’est pas facile ! Monsieur, les dents, elles raccrochent ! Monsieur, ça va de travers ! Pas d’affolement je la guide avec toi et voila !

Pour les assemblages d’onglet, l’équerre à 45° est indispensable ; attention au sens ! Pour les autres, je trace des traits parallèles au fil du bois avec un trusquin, un outil pas si facile à se servir, surtout si on ne le prend pas entre les bons doigts ! La partie de l’assemblage que je vais enlever s’appelle l’enfourchement et la partie qui reste le tenon. Il peut être droit, bâtard en onglet.

Quant au ciseau à bois ou le bédane, attention ! Je tiens bien le manche à pleine main pour le guider correctement. Oui, mais ; côté du plat ou du biseau ?

Pour araser : on se sert de la scie à coupe d’onglet avec son guidage, c’est facile et bien utile. Il suffit que je positionne bien le morceau à couper ; je le maintiens d’une main malgré le presseur, et de l’autre main j’actionne la scie.
Je monte à blanc et mes quatre morceaux se rejoignent dans les angles.
Les angles de mes morceaux de bois sont carrés, il va falloir pousser des arrondis et des feuillures, c’est ça les moulures.

Pour réaliser : Et un petit tour de toupie maintenant. Attention, danger ! C’est pas un jouet. Ce sont les professeurs qui s’en chargent pour réaliser les feuillures. On pourrait se servir d’un bouvet à moulures ou à feuillures, vous savez ,ce sont des rabots de forme étrange que l’on voit dans les brocantes !

A notre époque on utilise une toupie, non ce n’est pas le jouet que l’on fait tourner, c’est une machine sur laquelle on positionne divers outils. Par exemple, des "molettes" de différentes formes enlèvent du bois sur les morceaux que l’on pousse le long d’un guide, et en passant devant l’outil, le profil recherché se sculpte alors sur la pièce. Attention c’est une machine très dangereuse. Elle demande beaucoup d’attentions et de précautions. De nombreux anciens menuisiers y ont laissé des doigts. Maintenant il y a beaucoup de protecteurs et les accidents sont moins fréquents. Pour notre travail, ce sont donc nos professeurs qui ont réalisé les feuillures. Nous nous sommes contentés d’apprendre à tenir le rabot pour faire nos petits arrondis. Le premier n’est pas super, mais avec les suivants, ça s’améliore et le papier de verre bien que pas trop plaisant à utiliser rend notre travail acceptable.

Pour cadrer : Un peu de colle dans chaque assemblage et mon cadre est monté. Il me parait pas droit ! Avec la presse à feuillard, comme par enchantement notre cadre se met d’équerre. Une petite vérification par les diagonales et le tour est joué [1].

Pour le second cadre : les assemblages sont beaucoup plus simples. Des coupes d’onglets seulement, après un traçage rigoureux et précis, une découpe avec la scie à onglet et ça se présente bien.

Savez-vous chantourner ? La difficulté arrive. En effet, si j’en juge en regardant sur le plan, les morceaux de bois ne sont droits que sur un côté. Je vais tracer avec un gabarit la forme à découper. Comment faisaient nos ancêtres qui n’avaient pas de scie sauteuse ? Ils utilisaient le "violon", une scie à chantourner.

En place pour la démonstration, notre pièce de bois est solidement fixée sur notre établi en laissant dépasser les parties à découper. Nous prenons la scie par le haut, une main sur la poignée au dessus de la lame qui est très fine, et l’autre main de l’autre côté de la scie, pour faciliter la manœuvre qui s’exécute de haut en bas à la verticale. Attention à la force dans les bras , sans toutefois perdre de vue le trait à suivre. La première courbe n’est pas vraiment réussie, mais ça vient. Quelle chance nos maitres de stage avaient prévu un montage pour rectifier à la toupie les découpes (décidément, ils aiment ça s’amuser à la toupie)...

Pour la pose du fond : après avoir poncé nos morceaux de bois sur le plat et sur les chants chantournés, un petit peu de colle dans les angles et la presse à feuillard réunit l’ensemble. Un petit cordon de colle sur le chant de dessus des pièces du cadre et nous positionnons notre contreplaqué qui sera maintenu en place par quelque pointes tête d’homme. Attention : une pointe jamais droite !

On ponce : pas le moment de s’endormir. C’est pas marrant de frotter un papier de verre sur le bois ! En plus, il faut le faire un petit peu en demi travers d’un côté puis de l’autre et après, en long dans le sens du fil du bois (jamais en travers, ça fait des marques encore plus difficiles à enlever). Pour la finition, c’est mon doigt qui regarde, comme un pro ! Je ferme les yeux en passant les doigts le long de mon travail, je sens les imperfections ; alors je reprends la cale et le papier de verre.

MAIS

quand on réceptionne l’ouvrage, quel bonheur de voir deux pièces différentes, agréables à toucher, qui s’emboitent l’une dans l’autre, surtout quand ça ressemble bien au modèle !

[1Je me souviens, à l’école on m’a montré que dans un carré ou un rectangle, les deux diagonales sont identiques...

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