Cinq Animateurs pour un plateau - 3 les Poignées

, par  l’Outil en Main de Troyes , popularité : 10%

les Poignées

Pour porter le café au lit à papa et maman, ou servir des rafraichissements aux amis, pas très élégant un plateau sans poignées...

Pour faire les poignées nous sommes aujourd’hui, dans l’atelier des serruriers métalliers. Pas d’odeur de bois, de peinture, ni de cuisine, mais des effluves qui montent des meules à tronçonner, des parfums d’huile, de charbon de forge et de métal. Il n’y fait pas chaud, mais quelques chutes de bois dans le foyer de la forge nous permettent de nous réchauffer de temps en temps.

L’Homme de métier d’aujourd’hui a pratiqué la chaudronnerie. Maintenant, il fait de la dinanderie pour le plaisir et également de la métallerie. La dinanderie est une branche artistique de la chaudronnerie qui met en œuvre les métaux dits nobles.

Monsieur MARCILLY se plaît à dire qu’il est atteint de MARCUPHILIE. Alors quand il parle de marteaux (marcus), c’est tout un poème.

On parle, on parle, mais le travail n’avance pas vite. Revenons à notre établi qui n’est pas du tout comme celui du menuisier. Ici, la structure est en profilé métallique assemblé par soudure. Le cadre supérieur enserre des plateaux de bois qui portent l’empreinte des coups des pièces de métal qui ont été travaillées. Pour maintenir les pièces de métal à travailler, l’étau à pied mesure un mètre de hauteur.

On a déjà eu du mal à comprendre le plan du plateau chez le menuisier, et nous voilà de nouveau confrontés à un plan qui semble plus simple. Mais après l’avoir mis dans le bon sens, notre cerveau commence à chauffer. Des traits gras, des traits fins, des chiffres, des flèches, des signes que nous ne connaissons pas.
J’espère bien qu’on va nous expliquer. Des lignes droites et des courbes : il faut réviser l’arithmétique et la géométrie. Monsieur MARCILLY nous montre une poignée finie et avec quelques explications, nous comprenons mieux pourquoi nous devons tracer à plat, pour obtenir la forme finale.

Au dessus du cartouche du plan nous voyons laiton ou cuivre. En dessin industriel, qu’est ce qu’un CARTOUCHE ? Le cartouche, on le place dans le bas de la feuille. Il donne le nom de la pièce.

Alors, cuivre ou laiton ? Le cuivre est un métal de couleur rouge lorsqu’il est bien décapé. Oxydé, il se couvre de vert de gris. Il a une densité de 8,9 et une température de fusion de 1084 °C. Il est utilisé en électricité et il sert aussi à la fabrication d’ustensiles de cuisine. Le cuivre pourrait bien être le premier métal à avoir été utilisé par l’homme. Des objets en cuivre datant de 8700 avant J.-C. ont été trouvés. Dans l’Antiquité, le cuivre était principalement extrait dans l’île de Chypre. Le "métal de Chypre" était nommé aes cyprium, puis cuprum. C’est là l’origine du mot cuivre.

Le laiton est couramment appelé cuivre jaune. C’est un alliage de cuivre et de zinc, aux proportions variables. Il contient souvent également d’autres métaux tels que le plomb, l’étain, le nickel, le chrome et le magnésium. En réalité, sa couleur varie du rouge au blanc en fonction de la quantité de zinc. Le plus courant des laitons est composé de 70 % de cuivre et de 30 % de zinc. Sa densité est de 8.4. Sa température de fusion : 900°C.

Bon, cuivre ou laiton ? Nous n’avons pas vraiment choisi. Notre homme de métier avait déjà prévu du laiton. Il nous explique qu’il fallait choisir le laiton parce qu’il est plus raide que le cuivre ; surtout après avoir été formé. Par le façonnage de la pièce, les molécules composant le laiton durcissent. On dit qu’il "s’écrouit". Pour pouvoir continuer le travail, il faut faire un recuit. Non, pas un biscuit, maman, un recuit ! Encore un mot que l’on n’apprend pas à 10 ans. Le recuit des métaux consiste à chauffer à une certaine température le métal pour détendre les molécules, ce qui permet la poursuite du formage.

Munis d’une feuille de laiton de 8/10éme de mm d’épaisseur, d’une pointe à tracer le métal, d’un réglet, d’une équerre à chapeau, d’un pointeau et d’un marteau, c’est parti pour tracer à plat ! Il faut tracer juste ce qu’il faut, marquer sans rayer. Puis, il faut découper. Ce n’est pas compliqué : il n’y a que des lignes droites. Mais c’est l’homme de métier qui, à l’aide d’une cisaille d’établi, exécute ce travail. Sous sa surveillance, nous avions bien fait des essais de coupe, mais nous n’avions pas la précision suffisante.

C’est aussi Monsieur MARCILLY qui a percé les trous de fixation sur une perceuse à colonne. Nous, par contre, avec un foret de 10 mm dans une main et la pièce posée sur l’établi, nous avons ébavuré les trous.
J’en étais où ? Avec toutes ces infos que je vous donne, je m’y perds. Ah, oui, le recuit ! Donc, on a recuit. Accrochées sur un fil de fer, les poignées sont chauffées, avec un turbo-gaz à butane, à 500°C, puis refroidies à 300°C, réchauffées à 700°C, pour finalement être refroidies lentement. Tout se fait à l’œil, et ça fonctionne !

Quand les pièces sont refroidies, avec une lime douce et du papier abrasif, nous ébavurons et nous adoucissons tous les angles. Jusqu’à ce qu’ils soient agréables au toucher. C’est dire si là encore, on a frotté, frotté, frotté.
Reste à mettre en forme avec un barreau de 18 mm fixé dans l’étau. L’accessoire idéal pour notre rayon de cintrage de 9 mm. Avec un maillet tonneau, notre moniteur chaudronnier forme à coups précis le rayon qui se fixera sous le plateau. Chacun à notre tour, nous frappons, soit pas assez fort, soit à côté, en disant : « Oh, c’est facile, aïe mes doigts ! » Nous martelons l’autre rayon pour la partie de prise en main. Pour finir, quelques coups de maillet de rectification. Pour être présentables, avant de les fixer, il faut sinon les polir, au moins faire briller les poignées. Alors vous savez quoi ? On frotte, on frotte, avec du papier abrasif de plus en plus fin, et c’est fait, nous avons un résultat correct.

Il n’y a plus qu’à fixer. Facile avec des avant-trous dans le bois.

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