Voyage au Pays de la Sculpture chez Michel Yseboodt, sculpteur.

, par  mDm , popularité : 4%

"Il faut être enthousiaste de son métier pour y exceller." (Denis Diderot)

Lorsque l’on écoute Michel Yseboodt, personne ne peut douter que son métier, il l’aime !...

Ce matin du 28 avril dernier, nous sommes une bonne douzaine à prendre la route pour le Tonnerrois. Nous y retrouvons notre sculpteur dans son atelier / expo de Dannemoine dans l’Yonne. Au fil de cette journée, nous avons la confirmation que notre hôte n’aime pas seulement son métier : il aime aussi son coin de terre, sa région, la bonne chère, les gens. En un mot, Michel aime la vie.

Dans sa salle d’exposition,

tout en caressant avec volupté les courbes d’une statue callipyge en pierre de Buxy, Michel nous fait découvrir les différentes facettes de son art. La tentation est grande pour nous aussi de passer la main sur le galbe poli d’une courbe généreuse ou sur le grain rugueux d’un mouvement à peine esquissé. Homme prévenant, Michel encourage depuis longtemps son public avec des petits panneaux « Osez toucher ». Nous ne nous privons pas de cette invite.

Il nous présente chacune des œuvres qui nous attendent : sculpture figurative ou abstraite aux courbes évocatrices, Vénus classique ou grappe de raisin sortie du calcaire, Saint Vincent stoïque face à un potiron en pierre de Massangis teinté à l’ancienne… L’artiste exploite toutes les qualités de la matière : celles du marbre de Carrare, des Pyrénées, marbre noir de Belgique, ou comblanchien, celles de la pierre de Chassagne, de Tonnerre ou de Nuit St Georges, ou aussi celles de la pierre rose du Portugal et du granit avec inclusions de fossiles et de calcite… Nous entamons notre voyage à travers une Europe dont l’épicentre est la Bourgogne et où le temps défile du carbonifère au jurassique.

Dans l’atelier,

Michel Yseboodt nous montre ses outils en joignant le geste à la parole. Il nous explique le maniement du maillet, de la boucharde, du taillant, de la broche, du ciseau gradine qui "divise l’effort et n’explose pas la pierre de la même façon que le ciseau plat". Sans oublier les marteaux pneumatiques et autres "disqueuses" qui font gagner du temps, notamment lors de l’épannelage [1].

Et Michel de préciser : "l’outil principal étant la patience et l’amour du travail"

Nous serions restés des heures à l’écouter, notre "conteur" ! Mais le temps avance, et après une pause repas "A la Bonne Auberge" ; nous reprenons notre route guidés par notre jovial cicérone.

Sur le retour,

Michel nous fait (re)découvrir la Fosse Dionne à Tonnerre. Le nom de fosse Dionne viendrait de Divona, une divinité des sources. Cette source vauclusienne a été aménagée en lavoir au XVIIIème siècle, du temps du célèbre Chevalier d’Eon. Elle est entourée d’une enceinte circulaire en pierre dure d’Angy avec un toit.
Après Tonnerre, poussons jusqu’à Pontigny. Pontigny, depuis le XIIème siècle, impose au monde sa magnificence, avec une abbatiale cistercienne de 120m, l’une des plus grandes de France. Son domaine a été le cœur d’une vie spirituelle intense.

Ainsi cheminant, avec Michel pour guide, nous aurions pu continuer longtemps à l’écouter nous décrire avec enthousiasme les beautés de sa région. Ce sera pour une prochaine fois sans aucun doute.

[1Opération qui consiste à éliminer la pierre excédante

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