Si c’est interdit, c’est permis ! Les petits grains de Ladage de Césartaire.

, par  Marc , popularité : 23%

Historiquement, interdire est chargé du sens contraire à celui qu’on lui donne aujourd’hui. Interdire c’est d’abord convenir.

Interdire vient de entre = parmi, au milieu de et dicere (terme solennel d’origine religieuse) = désigner (des magistrats), montrer, faire connaître par la parole.
L’inter-diction est la parole dite entre deux ou plusieurs personnes. L’inter-dit peut se comprendre par "entre (nous) soit dit".

Certaines assemblées ecclésiastiques latines étaient chargées de donner leur avis sur un membre de la communauté dont le comportement ne répondait pas aux règles ou aux pensées communes. Les "magistrats religieux" examinaient son cas et convenaient d’une parole commune, dite entre chaque membre de l’assemblée. L’inter-diction était donc la parole convenue ; son contenu était alors consenti. Souvent cette parole convenue entre eux (inter-dite) était une sentence d’ex-communication, donc d’exclusion. Le dissident était frappé de l’interdit. Depuis, on a assimilé "interdire" à l’idée de rejet, de refus : empêcher, défendre de, ne pas permettre avec, sous entendu, menace de sanction si non respect de l’inter-diction. Aujourd’hui ces interdits sont unilatéraux. Loin d’être convenue en groupe, la parole a fini par être décrétée par une autorité qui l’impose à la société.

Mais le sens premier est inscrit dans nos gênes : si c’est inter-dit, c’est convenu, c’est consenti, donc c’est permis. Nous sommes obéissants à notre langue maternelle et nous sommes des êtres naturellement enclins à faire preuve de bonne volonté, voire à toujours faire plaisir à maman. Pas vrai, jeunes gens ?

Alors quand on nous interdit de faire quelque chose, comme de marcher sur la pelouse par exemple et qu’on le fait quand même, ce n’est pas qu’on désobéit, c’est parce qu’on a intuitivement le choix entre deux sens : l’ancien et le nouveau. Et comme nous sommes aussi des êtres faits pour être heureux, souvent on choisit le sens qui nous plaît.

A preuve cette observation faite il y a quelques décennies dans les couloirs du métro. Certaines stations mettaient un panneau : "mettez vos papiers dans la corbeille". Le message et le comportement attendus étaient clairs. Il y avait beaucoup plus de papiers dans les corbeilles et très peu à terre. Sur d’autres corbeilles en métal, on lisait : "interdit de jeter les papiers à terre". Il y avait beaucoup moins de papiers dans la corbeille et par contre beaucoup plus à terre.

Alors, jeunes gens, saviez-vous qu’à l’Outil en Main nous vous interdisons de prendre du plaisir à bien travailler et d’écouter vos aînés ?
LdC.

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